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Mercredi 8 mars,  20 heures, de nombreuses personnes étaient présentes, à la MDH du Bois d’Artas, à l’initiative de GO Citoyenneté, pour un débat autour du thème : « Le revenu universel d’existence, une utopie à portée de main ? » animé par Paul Bron

Revenu universel, de base, minimum, revenu suffisant… plusieurs appellations qui ne poursuivent pas toutes les mêmes objectifs et n’utilisent les pas mêmes leviers.   Voici un CR de la soirée :

Pour Baptiste Mylondo, enseignant en économie et philosophie politique à l’IEP de Lyon, auteur notamment du livre « Pour un revenu sans conditions : garantir l’accès aux biens et services essentiels », il existe des propositions de droite et de gauche. Les premières correspondent à des montants faibles et entendent libéraliser le marché du travail ; celles qui sont « ni de droite ni de gauche » sont sur des montants proches de celui du RSA actuel et poursuivent l’objectif de simplification du système fiscal ; celles « de gauche » sont d’un montant suffisant pour tout le monde, sans contrepartie. L’objectif ici est d’accompagner le changement à venir de l’emploi et de lutter contre les inégalités par la reconnaissance de la contribution de chacun à l’enrichissement de tous.

Baptiste Mylondo, propose une modification radicale des conceptions sociales de phénomènes tels que le travail, le chômage, le salaire, l’utilité sociale, etc. Il propose un revenu minimum de suffisance pour tous, versé sans condition et sans contrepartie, perçu tout au long de la vie, à titre individuel, Et suffisant pour vivre au dessus du seuil de pauvreté, pour accéder aux biens et services essentiels et pour pouvoir se passer durablement d’emploi. Ce revenu, qui viendrait remplacer une part des aides déjà existantes (uniquement les prestations non contributives auxquelles le revenu inconditionnel viendrait se substituer) permettrait de reconnaître la création de richesse produite par tous. Ce revenu universel doit s’accompagner d’une monnaie locale, d’une échelle de 1 à 5 en matière en matière d’écarts de salaires, d’une approche de la gratuité et d’une « mise en coopération » de la société ; il entend ainsi remettre en cause le productivisme et le capitalisme.

C’est certainement sur la question de la place du travail dans la société que Nicolas Charpentier, coordinateur de la Nouvelle gauche socialiste 38 n’est pas en accord avec la proposition de revenu universel. D’autant que pour lui, avec une augmentation du Smic, une fiscalité plus progressive et des prestations sociales réaffirmées, il est possible de réduire les inégalités. Pour lui donc, pas de disparition annoncée du travail, avec une relance possible de la consommation et la transition écologique qui pourrait créer un million d’emplois : « on nous dit depuis longtemps que l’emploi va disparaître, or, ce n’est pas la réalité. Par exemple, l’essor du numérique induit de la précarisation et non de la disparition de l’emploi », justifie-t-il. En effet, pour son mouvement, le travail soit s’inscrire dans une lutte pour de nouveaux droits et une meilleure répartition entre travail et capital. Cependant selon la Nouvelle gauche socialiste 38,  une piste à qui pourrait être creusée : le salaire à vie à partir de 18 ans selon ses compétences ; même si cette question ne leur apparaît pas comme essentielle face aux urgences actuelles.

En revanche, Patrick Colin de Verdière du collectif Roosevelt va encore plus loin dans la précision du système de revenu universel qui pourrait aller de 200 à 1200 euros par personne, selon son âge. Les 1200 euros pour les personnes âgées, permettraient de remplacer et de simplifier la retraite de base (il existe 35 systèmes aujourd’hui) et de réduire aussi les inégalités entre femmes et hommes concernant les montants des retraites. Ce revenu permettrait de mieux partager l’emploi (réduction à 32 heures voire 28 heures) et de mieux le choisir (en refusant les postes trop mal payés) ; à noter que le Smic serait conservé afin d’éviter que les employeurs baissent les rémunérations. Pour lui, on ne sortira pas du chômage de masse, si on ne partage pas mieux le travail. Mais il n’envisage pas forcement une sortie complète du travail. Ce revenu nécessite donc, d’après le collectif Roosevelt, un accompagnement important en matière de formation professionnelle et une réforme en profondeur de la fiscalité, beaucoup trop complexe aujourd’hui.

Au cours du débat, un représentant de l’équipe de Benoit Hamon précise l’actualité de ses propositions pour 2018 : hausse du RSA de 10% et revenu universel inconditionnel pour les 18-25 ans. Objectif dans 10 ans : revenu de 750€ pour tous.

Le revenu universel fait donc partie d’un projet global avec comme objectif : la réduction des inégalités. Mais une question apparait : faut-il donner à tout le monde, même à ceux qui sont les plus aisés ? La notion d’inconditionnalité est interrogée.

Autre question : comment ce revenu universel serait financé ? Interroge notamment Nicolas Charpentier, car un revenu à 1000 euros  il représenterait 30 %  du PIB… Patrick Colin de Verdière précise : il serait financé en individualisant l’impôt sur le revenu, en supprimant les niches fiscales, en créant une échelle plus progressive de l’impôt sur le revenu et en créant une taxe sur les actifs nets, c’est-à-dire sur le patrimoine qui pourrait, selon les simulations, permettre de récupérer 120 milliards d’euros. En notant que cette taxe serait payée par 3 % des contribuables les plus aisés.

C’est donc un changement de vision de la société que les intervenants proposent. Dans le contexte des élections présidentielles, il paraît essentiel que chacun – citoyen, association, politique – se saisisse de cette question du revenu universel qui ouvre des perspective pour construire le XXIe siècle.

 

 

 

 

 

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