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Coup de force au conseil municipal du 10 Juillet à Grenoble.

Les bibliothèques se sont invitées, encore une fois, au conseil, par la voix du Maire Eric Piolle qui refuse d’engager la votation citoyenne demandée par le collectif « touche pas à nos bibliothèques ». Demande faite pourtant dans la logique du processus de démocratie participative mis en place …par le maire lui même.

Après la mise en place d’un plan d’austérité municipale, en Juin 2016 incluant la fermeture de 3 bibliothèques dont 2 situées en quartier populaire.

Après les réactions indignées des grenoblois regroupés au sein d’un collectif « touche pas à mes bibliothèques »

Après le blocage de 10 conseils municipaux consécutifs, qui se sont déroulés sous la protection des CRS

Après une pétition qui a recueilli plus de 4000 signatures ouvrant droit, enfin, à un débat en Conseil Municipal

…Un petit espoir semblait poindre avec la reprise des négociations au mois de Juin.

Patatras. Après un mois et demi de négociation, le collectif jugeant insuffisantes les propositions faites par la Mairie, décide d’engager une votation citoyenne, par un courrier envoyé à tous les élus.

Et c’est bien la le problème. Au delà de la questions des bibliothèques et du plan d’austérité, c’est toute la logique et la légitimité des démarches de démocratie participative qui est remise en cause par la décision du maire de passer outre.

Que nous disent en effet, les propositions initiales de la ville, à consulter sur le site : https://www.grenoble.fr/660-interpellation-et-votation-d-initiative-citoyenne.htm

« Etape 4. Ma pétition est débattue en conseil municipal

A l’issue du débat, le Maire pourra : soit retenir la proposition pour sa mise en œuvre / soit la soumettre à l’avis des Grenoblois dans le cadre d’une votation citoyenne organisée par la Ville au moins une fois par an.

Votation citoyenne
Si ma proposition n’est pas retenue, elle sera alors soumise à l’avis des Grenoblois-e-s dans le cadre d’une votation organisée par la Ville de Grenoble. »

Il n’y a pas d’alternative où le maire, de lui même , puisse refuser la demande de votation, sauf à retenir la proposition contenue dans la pétition.

En remettant en cause la légitimité du collectif, qui malgré la démission de 4 de ses membres, a décidé en assemblée générale, majoritairement, de s’engager dans la votation, le maire de Grenoble a commis un déni de démocratie.

En refusant de mettre en place la votation citoyenne, comme le prévoit le processus de démocratie locale grenoblois, le Maire s’est déjugé. D’une certaine façon, il sacrifie son adjoint à la démocratie locale.

Mon analyse : le risque pour la mairie de subir une votation citoyenne qui mobiliserait de nombreuses oppositions, pendant plusieurs mois, était plus grand qu’un clash en fin de conseil municipal. La suite nous démontrera certainement le contraire.

Paul Bron

 

 

 

 

Une réponse

  1. Marcel Barjeon dit :

    Merci pour votre réaction.

    Pour être complets il faudrait rappeler les demandes chiffrées, très raisonnables du collectif en e.t.p pour chacun des lieux initialement menacés de fermeture (le recyclage de Prémol et Hauquelin en « Relais Lecture » ayant été concédé sous conditions par le collectif)

    Voici la lettre du collectif aux élus en date du 7 juillet 2017, à trois jours du revirement du Maire lors de de Conseil municipal décisoire :

    Monsieur le Maire, Mesdames les adjointes,

    A la suite du dépôt de plus de 4000 signatures de la pétition pour le maintien des trois bibliothèques de quartier (Prémol, Hauquelin, Alliance), un débat consacré à cette question s’est déroulé durant le conseil municipal du 22 mai 2017. Ce débat a permis d’ouvrir une période de négociation entre les pétitionnaires et la municipalité. A l’issue de cette phase de discussion, les propositions de la Ville de Grenoble demeurent inchangées concernant l’Alliance, réduite à une demi-bibliothèque anémiée.

    Quant à Hauquelin et Prémol, il s’agit de les transformer en “relais-lectures”, gérés par des associations mal définies dans des lieux encore incertains où 500 documents (l’équivalent d’une grosse armoire) seraient mis à disposition du public pour 3 à 4h par semaine, sans garantie de prêt (pas d’accès au catalogue et au prêt informatisé), sans aucun objectif chiffré pour les accueils de scolaires et les animations (plus de 170 pour chacun des lieux en 2015).
    Tout cela sans aucun poste de professionnels supplémentaire. Ces propositions étaient largement insuffisantes. C’est pourquoi fin juin nous avons demandé un délai supplémentaire pour vous préciser nos demandes, chose que nous avons faite dimanche 2 juillet, par l’envoi d’un tableau de demandes.

    Nous venons de recevoir votre réponse de 11 pages, dans laquelle vous faites un long historique mais à aucun moment ne répondez clairement aux questions posées. Pour ces raisons, le collectif “Touchez pas à nos bibliothèques”, réuni en plénière ce soir, a décidé par un vote majoritaire de : – soumettre à la votation citoyenne la question du maintien des trois bibliothèques de quartier tel qu’énoncé dans sa pétition et vous demande d’engager le processus conduisant à sa mise en place.

    Concernant la votation proprement dite, l’élection municipale de 2014 et son résultat (près de 20 000 voix pour la majorité actuelle) servant de véritable mesure-étalon, le Collectif demande que des conditions de vote identiques aux Municipales soient proposées aux Grenoblois, c’est-à-dire :

    – la profession de foi des pétitionnaires envoyé à tous les Grenoblois – des bureaux de vote ouverts autant qu’aux Municipales et en dehors des heures de travail

    – des moyens électoraux (affiches, tract,…) équivalents à ceux de la majorité municipale.

    Le collectif “Touchez pas à nos bibliothèques”.
    Grenoble, le 7 juillet 2017.

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