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Les samedis de GO

Compte-rendu de la rencontre : « L’action citoyenne remplace-t-elle l’engagement politique ? »

 GO citoyenneté a organisé samedi 11 avril dernier une rencontre avec Tristan Rechid, co initiateur de l’aventure de Saillans et membre de l’observatoire de la participation de Saillans avec une trentaine de personnes de la métropole grenobloise.

S’il est un principe à retenir de la démarche engagée à Saillans (Drôme), ce serait celui-ci : en démocratie, le politique c’est l’habitant, ce n’est pas l’élu qui est le représentant. D’où une posture d’animateur et de travail collectif de la part de l’élu qui anime le processus pour aller du terrain individuel au terrain politique/collectif. « Son rôle, explique Tristan Rechid, n’est pas d’avoir une pensée propre ». Il doit ensuite faire exécuter les projets.

Le déclencheur de l’engagement collectif à Saillans, petite commune de 1200 habitants dans la Drôme, a été l’opposition à un projet de centre commercial.  Après l’opposition contre le projet, l’idée d’un engagement plus politique a pris forme. Le collectif est parti sans programme, ni candidat. La première réunion a réuni 120 personnes qui ont travaillé à un diagnostic partagé. La 2ème a réuni 90 personnes pour travailler sur le projet. « C’est aux habitants de définir le programme, c’est ce que nous avons fait » explique Tristan Rechid. Lors de cette 2ème réunion, les personnes pouvaient cocher une case : « je suis intéressé pour faire partie de la liste ». Et c’était parti !

La tête de liste ? Pendant t toute la durée de l’élaboration du projet puis de la campagne, il n’y avait pas de tête de liste, ni d’ailleurs de liste finalisée. En fin de campagne, finalement 15 personnes se sont vraiment engagées (les autres trouvaient l’engament trop important ou ont décliné pour des raison personnelles…) et la tête de  liste a été choisie par le collectif –qui se connaissait alors- sur la base d’une élection « sans candidat » (à partir du principe qu’on ne donne pas le pouvoir à celui ou celle qui le veut, mais à celui ou celle que le collectif désigne, comme cela est pratiqué en sociocratie).

Aujourd’hui, le circuit délibératif est organisé sur la base de 8 commissions et des groupes d’actions réunissant habitants, élus et techniciens, avec un animateur. Sur certains sujets, des habitants sont tirés au sort et sont formés pendant 2 années et demie, par exemple pour l’élaboration du plan local d’urbanisme. La prochaine étape pourrait être de mettre en place ce type de démarche sur le budget qui n’est pas aujourd’hui « participatif ».

Le principe de collégialité est aussi mis en place : aucun élu ne peut décider seul, le principe de binômes ou trinômes permet de croiser les points de vue. Ensuite, le bureau (qui dans une commune classique décide de tout de façon opaque) est à Saillans ouvert à tout le monde. Le compte-rendu des bureaux est en ligne dès le lendemain.

L’opposition ? Il existe de multiples oppositions sur les projets, sur chaque sujet ; les conflits sont posés sur la table, la solution est en général trouvée. « Notre aventure est loin d’être un long fleuve tranquille » explique Tristan Rechid. Une instance de contrôle a été mise en place : le conseil des sages, composé d’habitants. C’est une forme de design du processus de décision  collective que dessine l’intervenant.

Petits bémols ou du moins  interrogations : à noter qu’il reste toujours 1/3 de la population qui ne participe pas. Ensuite, il y a peu de vrai clivages, les élus et habitants affirment peu de sujets clivant, les débats sont moins  politiques… les sujets fortst sont évacués par le collectif qui évite le conflit…

En quoi cette démarche interroge celle engagée à Grenoble en 2014 ?

Bien sûr la question de la taille de la ville pose d’autres questions et la comparaison est délicate. Mais du point de vue de Tristan Rechid, à Grenoble, le renversement du type « le politique est l’habitant » n’a pas été fait, l’habitant serait toujours positionné comme faire-valoir et le maire a toujours un rôle traditionnel. Pour lui, pour les prochaines élections, cela risque d’être compliqué à Grenoble de faire émerger une approche très « participative », au vu des élections passées qui n’ont pas tenu leurs promesses, et d’une certaine exaspération de la notion de « co construction »… D’autre part, la question de l’organisation de proximité se pose. Des assemblées peuvent s’organiser à l’échelle d’un quartier, puis croiser à l’échelle municipale, mais cela est plus complexe.

La suite ? La liste de Saillans va-t-elle repartir pour un éventuel deuxième mandat ? « Quand on fait un mandat à ce rythme… ce n’est pas évident de repartir »… » explique Tristan Rechid. Dans la Drôme, une liste participative est en train de se construire à Crest, ce qui pourrait permettre d’avancer sur cette démarche à l’échelle intercommunale. Et Tristan Rechid fait un tour de France des initiatives et listes participatives en construction et en appelle aux collectifs « de transition » qui aujourd’hui refusent de prendre le pouvoir !

Lors du débat, certains participants ont évoqué la création, à Grenoble, d’une liste de citoyens échappant à toutes obédiences….A suivre donc.

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