Les Vœux de GO : « poursuivre un projet solidaire ».

Belle soirée des vœux de GO Vendredi 13 Janvier à la Villeneuve, salle 150 : plus d’une cinquantaine de personnes ont bravé la neige et le froid.
– Un débat sur le thème : « Présidentielles, primaires : Que reste -t-il des valeurs de la gauche » avec Pierre Bréchon, et Nicolas Piqué. Échanges sur l’avenir de la gauche et des primaires : CR ci dessous

– Galette et discours d’accueil par David Ryboloviecz, Président de GO

Le débat :  Quelles sont les valeurs de la gauche aujourd’hui ?

En cette année électorale qui nous entrainera dans une spirale de campagnes médiatiques, nous souhaitions échanger sur nos fondamentaux avec deux enseignants-chercheurs apportant chacun un éclairage spécifique : Pierre Bréchon, politologue, chercheur au sein du laboratoire Pacte de Grenoble et Nicolas Piqué, philosophe et enseignant à Lyon et Grenoble.

Première brique de la réflexion : qu’entend-on par « valeurs » ? Le mot est complexe, il peut paraître hors sol.  « Dans les milieux marxistes, les valeurs ne représentent pas la vraie vie, la réalité. La réalité ce sont le travail, les classes, les chiffres », explique Pierre Bréchon. Nicolas Piqué, quant à lui, préfère le mot « principes » car «  le principe, ça se discute, ça se construit et permet l’action ».

Mais aujourd’hui, le mot valeur est dans toutes les bouches : dans les entreprises, dans les institutions, pour chaque individu… chacun se réfère à ses valeurs. Les valeurs permettent de dire qui nous sommes. « On peut, dans sa vie, changer d’opinions, mais rarement de valeurs » explique Pierre Bréchon. Par exemple, au niveau politique, on passe peu de la droite à la gauche ou vice versa, en revanche, on circule plus facilement au sein d’une même famille politique. Plus largement, les valeurs d’un pays ne sont pas exactement les mêmes que celles d’un autre pays, même si on peut parler de valeurs européennes par exemple.

Deuxième brique de la réflexion : les notions de droite et de gauche. Ces notions sont aujourd’hui universelles. Historiquement, la droite et la gauche se sont affrontées sur des grands principes/valeurs comme la laïcité, le monde ouvrier, ou plus récemment sur la vision de l’économie.

Et aujourd’hui, la devise française « Liberté-égalité-fraternité » réunit-elle la gauche et la droite ?  Elle réunit des valeurs républicaines, mais il y a plusieurs façons de comprendre ces mots… Cependant, de nombreuses personnes affirment dans les enquêtes que pour eux, la gauche et la droite, « c’est la même chose » ; notamment depuis 1981, les gens sentent que les politiques n’ont pas été très différentes.

Pour Nicolas Piqué, un principe  permet de distinguer assez clairement la droite et la gauche : c’est  la notion de libéralisme. La droite, après avoir affirmé et donné des droits aux individus, et sans vouloir changer leurs « origines », estime l’individu libre de ses choix, de son parcours, à travers la reconnaissance du mérite. Cela induit par exemple la relation de la droite aux politiques sociales (moins d’aides collectives) et économiques (liberté d’entreprise pure). La gauche, quant à elle, considère l’individu dans un ensemble social plus complexe et  entend, notamment à travers l’éducation, donner les moyens de l’émancipation. La notion de mérite semble ainsi un marqueur entre la droite et la gauche, selon Nicolas Piqué.

Mais libéralisme ne veut pas dire liberté : la gauche étant plus favorables aux libertés individuelles, celles émanant de mai 68, ou plus récemment lors du mariage pour tous : chacun ayant le droit de vivre sa vie comme il l’entend. La gauche serait donc libérale côté modes de vie et collective en ce qui concerne l’économie et le social.

Il existe, cependant, des nuances au sein de la gauche – ou pourrait-on dire, entre plusieurs gauches, du centre gauche à l’extrême gauche. Comme par exemple, sur la réaction à avoir après attentats ou sur la relation aux institutions : une gauche qui s’en tient aux principes républicains (et joue le jeu démocratique), et une autre qui se situe dans les mouvements sociaux et réinterroge, voire malmène les institutions (et joue les rapports de forces).

C’est un fait, la gauche aime le débat et n’aime pas se retrouver derrière un chef unique sans le réinterroger, au contraire de la droite qui se retrouve assez facilement dans les notions de chef et d’autorité (même s’il faut distinguer l’autorité du pouvoir). Le système électoral de la 5ème république est donc complexe pour la gauche, puisque l’hyper présidentialisation induit de se retrouver derrière un leader incontesté. La gauche étant plus attentive aux processus, notamment au processus démocratique, qu’il faut très certainement réinterroger et élargir. Ainsi aujourd’hui, la gauche tente d’ouvrir le champ de la démocratie participative, même si elle a des difficultés face à la perte de légitimité électorale que cela induit.

Un participant indique tout de même que la gauche est claire quand elle s’inscrit dans l’histoire, avec un projet, alors que ces dernières années, elle a plutôt été gestionnaire, comme la droite. On touche ici la limite entre les valeurs/principes et les réalisations ou entre le programme et les actions… sujets à suivre de près, et c’est ce que nous ferons, en cette période électorale !

 

Le discours des vœux, présenté par le Président de GO : David Ryboloviecz

« 5 millions de pauvres en France aujourd’hui, dont 1,8 sont des enfants et des adolescent.e.s. Quel aveu d’échec!

Grenoble n’est pas en dehors de ce sinistre constat. La population rencontre des difficultés économiques fortes, qui inscrit de manière encore plus durable les plus fragiles dans la précarité, l’exclusion (non accès à la formation, à l’emploi durable). Devons-nous nous résigner, ou au contraire réfléchir ensemble (élu.e.s, milieu associatif et habitant.e.s), pour tenter de trouver des solutions adaptées ?

Go citoyenneté a toujours inscrit son projet dans le champ du social et de la solidarité, avec une volonté sans cesse réaffirmée de travailler avec l’ensemble des acteur.rice.s inscrit.e.s sur le terrain, dans des actions quotidiennes, au service de la cohésion sociale.

Les grenoblois ont élu en 2014, une nouvelle majorité, affirmant ainsi une volonté de renouvellement et de changement. Cette nouvelle majorité a souhaité inscrire son action politique dans une dynamique de nouvelle démocratie participative.

2016 nous a malheureusement montré qu’entre la volonté exprimée et la mise en acte, il y a un réel et inquiétant décalage ! Si les conseils citoyens indépendants ou un budget participatif ont été mis en œuvre (il faut le reconnaître), il nous faut aussi constater que sur des sujets majeurs relevant de la cohésion sociale et de la solidarité, la consultation et encore moins la participation citoyenne n’a pas été au cœur des choix faits par la municipalité. La fermeture d’équipements dans les quartiers populaires en est un exemple majeur qui a fait beaucoup débat, dans le conseil municipal mais aussi dans la rue !

2017 doit nous permettre de poursuivre l’action et d’œuvrer pour que la solidarité, la culture retrouvent une place dans le projet municipal. Si la transition écologique est importante elle ne doit pas oublier qu’elle doit s’appuyer sur les 3 piliers du développement durable : l’écologie, le développement économique et le social.

Mais aujourd’hui, les évolutions territoriales nous invitent à ne plus penser uniquement territoire Grenoblois, mais bien territoire métropolitain. C’est à ce niveau que cela se joue à présent !

C’est bien dans cette idée, que nous souhaitons à Go poursuivre le dialogue et construire des formes de travail innovantes avec les acteur.rice.s métropolitains (mouvements citoyens, associations d’éducation populaire, etc.).

La défiance des citoyen.ne.s à l’égard des institutions et des élu.e.s nous invite pour ne pas dire nous oblige, à repenser notre modèle démocratique. Le débat que nous avons eu ce soir, nous confirme que nous devons repenser la gauche et son projet. Go avait soutenu l’idée d’une primaire ouverte, qui n’a malheureusement pas vu le jour ! Mais pourtant nous ne devons pas renoncer ! C’est seulement au prix d’une plus grande démocratie participative que chacun.e d’entre nous aura envie d’agir et de participer à un projet de transformation sociale.

La période de vœux, invite à la formulation de résolutions … eh bien nous formulons celle de poursuivre dans le chemin que lequel nous sommes inscrit à Go, avec d’autres pour proposer un projet solidaire qui laisse une place réelle aux habitant.e.s et qui rappelle que l’accès à la culture, aux droits, sont indispensable pour construire un projet d’insertion. »

article DL150117

 

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