Pourquoi il faut une métropole grenobloise démocratique et forte
Depuis plusieurs années, le mouvement de structuration des intercommunalités, et dans les territoires les plus peuplés, la création des métropoles, s’est installé en France, pays aux 35 000 communes. Les métropoles disposent aujourd’hui de compétences importantes : logement déplacements, espaces publics, déchets, eau : nombre de compétences en lien avec la vie des gens, nombre de services publics. Mais elles sont peu connues du grand public, les élu.es métropolitains l’étant au second degré. Certes, ils sont fléchés lors des élections municipales, mais sont cependant toujours très liés à leur mandat communal.
Les métropoles ont été parfois malmenées, elles seraient trop techno, pas assez proches des gens. C’est peut-être pour répondre notamment à ces critiques que nombre de métropoles ont développé des politiques de participation citoyenne fortes et engagées : les plans et schémas directeurs, les grandes politiques publiques engageantes sur plusieurs années doivent se construire avec les habitantes et habitants du territoire.
Elles ont aussi souvent développé des relations fortes avec les territoires adjacents. En effet, comment développer les déplacements sans penser aux flux pendulaires entre territoires, comment penser l’avenir de l’alimentation sans le lien entre l’urbain et le rural, comment travailler sur le changement climatique avec des frontières fermées…
Plus largement, certaines métropoles – entre un Etat qui se désengage et des départements pris en étau financièrement avec l’augmentation des précarités et l’Etat qui cherche à faire des économies notamment sur le dos des collectivités territoriales, s’engagent dans des politiques de l’hospitalité : il s’agit d’accueillir dignement toute personne sur le territoire ; et là aussi le logement, l’alimentation, les déplacements, le droit à un environnement sain, sont des politiques publiques essentielles pour les populations aux difficultés multiples.
Pour tout cela, il faut des métropoles fortes. Il faut une métropole grenobloise forte. Car notre territoire est traversé par toutes ces inégalités sociales et spatiales. Il nous faut une métropole forte dans ses engagements en termes d’écoute, de solidarité, d’accompagnement aux initiatives ; forte dans sa gouvernance et sa démocratie entre élu.es et avec les habitants du territoire.
Il s’agit de garantir un équilibre entre les communes grandes et petites, de travailler sur les inégalités socio spatiales, de partager les investissements de façon équitable. On sait que la commune centre a des charges dites de centralité (piscines, équipements culturels…) accueille à la fois des hauts et de très bas revenus, que des communes de la métropole sont beaucoup plus riches de d’autres. Nous sommes dans un territoire tendu. Personne n’a à gagner de ne pas se mettre, toutes et tous, autour d’une table pour renforcer la capacité du territoire à se renouveler, à penser l’avenir en alliant écologie, solidarités et démocratie.
Pour cela, il faut savoir s’écouter, discuter entre élu.es, se mettre d’accord, ne pas prendre les habitants comme témoins des dysfonctionnements politiques… La crise de confiance envers la et les politiques, rajoutée à celle d’une métropole vue comme technocratique, risque d’être largement renforcée quand les citoyens et citoyens voient les incapacités à s’entendre. Les tensions très fortes entre la ville centre, Grenoble, la métropole et certaines communes du territoire nous laissent amers et n’est pas de bon augure pour les prochaines élections municipales de 2026. Avant de diviser, tentons de nous rassembler à gauche, avec quelles orientations pour le territoire, quelles politiques pour et avec les habitants ? C’est cela qui nous importe à GO Citoyenneté.
Pour bien comprendre la problématique actuelle
La loi précise la composition du conseil de métropole : pour la métropole grenobloise, le nombre de sièges est fixé à 80 distribués entre les 49 communes suivant leur population, à la plus forte moyenne. Plus un siège de droit pour les communes n’ayant pas obtenu de sièges. Soit 80 + 30 = 110 sièges. Les 10 communes de plus de 10 000 habitants se voient attribuer au moins 2 sièges et les 9 communes entre 5 000 et 10 000 habitants un seul siège. Les 30 communes de moins de 5 000 habitants ont 1 siège chacune.
En mars 2015 une loi a permis de pouvoir corriger cette répartition, s’il y avait accord des communes. Avant le 31 août 2019, le préfet pouvait arrêter une composition légèrement différente, sans dépasser plus de 11 sièges à répartir. La loi indique que cet accord local nécessitait l’adhésion des 2/3 des conseillers municipaux des communes de la Métropole représentant plus de la moitié de la population, ainsi que l’accord de la commune la plus peuplée, si elle dépasse les 25 % de la population de la métropole. Ce qui est le cas de Grenoble. C’est pourquoi, il revient in fine au maire de Grenoble de donner le feu vert à un tel accord local.
La problématique actuelle vient du fait que le Maire de Grenoble a décidé de revenir sur la décision qui permettait une représentation des communes dont le nombre d’habitants se situait entre 5 000 et 10 000 en leur accordant un siège supplémentaire et donc revenir à 110 sièges au lieu de 119.
L’argumentation de la ville de Grenoble se base sur le fait qu’elle considère que les investissements de la métropole désavantagent la ville centre, après une analyse des montants des investissements par habitant https://youtu.be/sSOXu2IB–o?t=3735. Un vote a été adopté par la majorité en conseil municipal et longuement débattu aussi en conseil métropolitain https://youtu.be/RGEQgNg1ku8
Il nous semble peu opportun de réduire une politique métropolitaine au montant des investissements par habitant. En effet les habitants se déplacent dans la métropole pour leurs études, leur travail, leurs loisirs, leur liens familiaux, leurs besoins médicaux…. et bénéficient de ce fait des infrastructures et investissements d’une autre commune de la métropole. Par ailleurs les communes n’ont pas toutes les mêmes superficies ni les mêmes contraintes d’entretien des routes par exemple. Nous ne sommes pas convaincus par l’argumentation développée par la ville et nous interrogeons sur les effets néfaste de cette décision sur les relations entre la ville centre et les autres communes (et particulièrement les 9 concernées), sur l’impact d’une telle décision sur la parité et bien entendu sur les crispations induit dans la métropole.
Pour plus d’informations : extraits de l’intervention de Paul Bron élu de GO citoyenneté en juillet 2019 https://go-citoyennete.fr/metropole-de-grenoble-accord-local-sur-la-future-composition-du-conseil/