Municipales 2026 à Grenoble : notre boussole, l’alliance des forces de gauche et des mouvements citoyens

Notre Boussole pour les municipales 2026 à Grenoble :  

l’alliance des forces de gauche et des mouvements citoyens dès le 1er tour

Avant toute alliance et engagement, il nous semble important de faire un bilan du mandat précédent puis de trouver les bases d’un programme commun. Il se trouve que nous n’étions pas directement engagés dans le dernier mandat et cela peut être plus facile ; Le bilan que nous faisons de la majorité actuelle est assez mitigé.

En positif :

Indéniablement pour l’essentiel, nous soutenons plusieurs initiatives :

Les politiques de mobilité et de transition écologique avec notamment le fort développement des déplacements doux comme le vélo, la nature en ville.

Les expérimentations sur la démocratie locale et de participation citoyenne : mise en place du budget participatif, ateliers citoyens, le droit d’interpellation et la votation citoyenne, les conventions citoyennes, le conseil des ainés…,

Le soutien aux associations de solidarité aux migrants notamment et la défense des droits des minorités,

Le maintien de la semaine de 4.5 jours à l’école recommandé encore récemment par la cour des comptes, les places aux enfants, le plan de rénovation des écoles,

Le travail sur la mutuelle municipale, sur le soutien à la santé et la sécurité sociale alimentaire  .…

En critiques :

Nos divergences portent sur certaines actions : monétisation de Grenoble Habitat, augmentation de la taxe foncière, attitude d’affrontement avec la Métropole mais aussi les services de l’état

Une méconnaissance des quartiers populaires qui s’est traduite notamment par la fermeture de certains équipements (fermeture du plateau, de prémol, de certaines MJC..) mais aussi la non reconnaissance d’actions de quartier sur Mistral Teisseire et la VN ainsi que des acteurs associatifs qui portaient ces initiatives ( on parle d’Osmose aujourd’hui mais aussi de Kiap, de la Batucavi, de la Papotheque …)

Le lien avec les associations d’éducation populaire s’est distendu alors qu’elles étaient proche de la majorité actuelle.. .

A l’observation de ce mandat nous notons aussi que le dialogue au sens large avec les habitants, associations, les commerçants, les Unions de quartiers ne s’inscrit pas dans l’histoire de co-construction chère à Go.

Parfois on constate un défaut de véritable écoute des attentes des habitants : comme par exemple sur le projet du lac de la Villeneuve, sur l’aménagement de l’avenue Jeanne d’Arc ou les projets Berriat…

La question de la sécurité en ville restera un des enjeux des prochaines élections municipales.

Bien sur lorsque l’on est élu sur un programme il faut être capable de l’appliquer et cela demande une certaine fermeté, mais une majorité doit savoir composer aussi avec les autres attentes des habitants et cela exige non seulement de l’écoute mais aussi parfois de savoir faire un pas de côté et de  modifier certains projets.

Quels sont les enjeux actuels , à notre avis ?

Les enjeux prioritaires sur lesquels Go souhaite s’impliquer portent principalement sur :

La démocratie locale  / L’éducation populaire / Une fiscalité équitable / La Métropole…

Nous n’oublions pas que d’autres thématiques sont très importantes dans un programme municipal et particulièrement les questions de sécurité, l’attractivité de la ville et de ses commerces, les problématiques de mobilités, de transition écologique et bien d’autres encore, nous y reviendrons…

La démocratie locale relève de la relation aux habitants, commerçants et associations (démocratie participative), ainsi que du renouveau politique comme du fonctionnement de l’exécutif municipal.

Concernant la démocratie participative il est indéniable que la ville de Grenoble a fait des expérimentations intéressantes (budget participatif, mise en place des CCI, droit d’interpellation…) mais qui ont aussi montré leurs limites (le budget participatif et le droit d’interpellation sont peu utilisés par les quartiers populaires, les CCI ont-ils une plus-value par rapport aux UQ ?). Il faudrait dresser un vrai bilan de ces outils et proposer des actions correctives fortes pour redonner du sens à la démocratie participative et l’élargir. Il y a un juste équilibre à retrouver entre une politique municipale et les volontés des habitants.

Nous ferons bientôt des propositions sur cet axe.

Un exemple qui nous semble emblématique de ce qui ne va pas est le projet de lac de la Villeneuve. C’était bien un projet du programme de Grenoble En Commun en 2020 mais très clairement dans la forme il ne convient pas aux habitants ni à la réalité du quartier.

Concernant le renouveau politique : Go a toujours été pour un renouveau politique des élu.e.s et nous sommes attentifs à ce point aussi bien pour la ville centre que pour la métropole. Nous reposons notre opposition au cumul des mandats et au cumul des mandats dans le temps, un certain nombre de personnes sont élu.es déjà depuis plus de 2 mandats… Une nouvelle majorité de la ville centre comme de la métropole devra proposer un réel renouvellement des élu.e.s.

Quant à l’organisation de l’exécutif nous sommes défavorables au fonctionnement en groupe unique de la majorité qui selon nous bride les expressions des sensibilités d’une majorité vis-à-vis des citoyens et qui d’une certaine manière, nuit au débat en conseil municipal.

Enfin à l’écoute des conseils municipaux il est souvent apparu que les oppositions de droite ou de gauche étaient peu écoutées dans leurs remarques quand bien même elles étaient d’accord sur certains sujets. Il nous semble qu’une approche plus ouverte aux remarques des oppositions ainsi que le partage de certaines responsabilités, pourraient être mise en place, comme cela est suggéré par AntiCor. D’autre part un autre dialogue avec les UQ/CCI est nécessaire. (la notion de question écrite lue sans débat n’est clairement pas satisfaisante)

Concernant l’école et la réussite éducative:

Si une ville a la responsabilité des bâtiments scolaire elle est aussi engagée, aux côtés de l’éducation nationale, pour réduire les inégalités qui malheureusement se creusent même à l’école en France comme l’attestent de nombreuses études. Nous sommes aussi soucieux de l’apport réalisé par les associations qui interviennent dans le cadre du périscolaire depuis des années et avec qui les liens se sont distendus manifestement.

Si la ville a eu raison de garder le cap de la semaine de 4.5 jours d’école, le pontage entre école et périscolaire peut encore être amélioré comme cela a été souligné par l’atelier citoyen (associer les enseignants et enseignantes au  comité du périscolaire  serait pertinent…). Il faudrait aussi mesurer réellement l’impact des changements de tarification sur le périscolaire.

Nous avions proposé il y a quelques années, la création de « Maisons de l’Education » qui regrouperait dans un même projet et le même bâtiment-école, enseignants et animateurs périscolaires, avec une place particulière pour les parents. Ce projet reste d’actualité et à réfléchir avec tous les acteurs concernés.

Un autre point important est l’accompagnement scolaire et l’aide aux devoirs, notamment dans les quartiers populaires. Il serait opportun de mesurer l’impact d’avoir rapatrié les adultes relais affectés à certaines associations, dans les MDH maisons des habitants, au détriment des associations qui savaient créer le lien avec les familles. Enfin il nous paraît essentiel de travailler plus étroitement avec l’éducation nationale et les instituteurs et institutrices soucieux de l’avenir des enfants sur ce plan.

Si la ville est responsable des locaux scolaires, elle doit être aussi plus qu’actuellement un acteur de la réussite éducative

L’éducation populaire a été malmenée.

Globalement les politiques publiques n’ont cessé d‘affaiblir l’éducation populaire les privant de ressources essentielles et de la reconnaissance institutionnelle : mise en concurrence, fragilisation permanente, fin de la co-gestion avec la municipalité, baisse des subventions….

Si certaines MDH proposent des activités pertinentes, la plupart du temps les habitants ne sont pas ou peu associés, ils deviennent des utilisateurs d’activités bonnes pour eux  il est nécessaire de revoir l’organisation des MDH afin qu’elles ne soient plus que uniquement des antennes municipales mais des associations.
La municipalité doit pouvoir mettre en place des politiques qui encouragent les initiatives locales, facilitent la mise en réseau, développent la coopération, permettent  la mutualisation des compétences et des ressources… et garantissent une véritable autonomie aux acteurs de terrain.

Un projet de charte partagé est en cours, nous souhaitons qu’il puisse constituer un réel partenariat.

La taxe foncière : GO était opposé à cette hausse injuste de 25 % qui plus était absente du programme de la majorité en 2020. Un programme municipal doit être clairement financé quand il est présenté aux électeurs. Notre opposition tient au fait qu’elle touche les petits propriétaires notamment des quartiers sud qui ont des taxes foncières déjà très élevées (sans service public digne de ce nom) comparé aux quartiers du 38000 et que le bouclier social et climatique n’est pas complètement opérationnel et ne compensera pas cette hausse.

Nous n’oublions pas que parmi les raisons avancées par la ville il y avait l’inflation et l’augmentation des prix de l’énergie… qui ont depuis fortement diminué. Il sera très tentant pour une équipe municipale de ne pas bouger sur ce point et de profiter de cette augmentation qui amène plus de 40 Millions d’euros tous les ans dans le budget. Ce serait une erreur politique. Nous sommes conscients des limites budgétaires actuelles et futures mais doit-on toujours les faire payer aux petits propriétaires des quartiers sud pour autant ? Il faut a minima regarder sérieusement ce point.

Concernant la métropole il faut absolument sortir de la situation actuelle qui paralyse le fonctionnement et dans laquelle les énergies ne sont pas mises entièrement au service des habitants du territoire.  Il faut recréer un projet dynamique collectif entre la ville centre et les autres communes dans un respect mutuel. Il est nécessaire de  sortir d’une logique comptable qui consiste à évaluer un retour financier par commune qui plus est par habitant comme nous avons pu le voir lors des évaluations demandées par la ville de Grenoble à la Métropole.

Pour la gouvernance de la Métropole nous proposons de réfléchir à une forme d’alternance entre la ville centre et le ou la maire d’une autre commune (par exemple à mi mandat). Cela rétablira la confiance et apaisera les relations. Nous continuons par contre à prioriser l’élection au suffrage universel du Conseil Métropolitain.

Nous proposons d’autre part la création d’une carte de citoyenneté métropolitaine inclusive pour tous les habitants. Elle permettra d’améliorer le sentiment d’appartenance au territoire, d’ouvrir des droits et de favoriser la solidarité.

La sécurité : Nous pensons que la sécurité est un vrai enjeu sur Grenoble qui doit dépasser les clivages politiques pour répondre aux souhaits des habitants. L’analyse des expériences menées par la ville d’Echirolles et plus récemment la ville de Fontaine ainsi que par d’autres villes en France doit être menée pour s’engager réellement. Bien entendu il faut travailler sur ce point avec les services de l’état.

La position de Go pour les prochaines municipales

Go Citoyenneté est partisan à Grenoble d’une union de la gauche, des écologistes (comme lors du NFP pour les précédentes législatives et localement du printemps isérois pour les départementales de 2021) et des mouvements citoyens le plus largement possible, au 1er tour, sur une base programmatique et opérationnelle qui permette de lever les problèmes mentionnés plus haut.

Une union large permet d’avoir une pluralité de points de vue et sans doute d’éviter d’avoir des positions trop dogmatiques sur des sujets importants pour la collectivité.

Ce type d’alliance semble timidement se mettre en place actuellement entre plusieurs acteurs. Nous  souhaitons qu’elle aboutisse et inclut les mouvement citoyens  porteurs d’une réelle expertise locale.

Pour notre part, nous avons participé aux groupes de travail des mouvements  « FACES » et « camp de base », nous avons discuté avec le PS. Nous envisageons de discuter avec toutes les composantes de la majorité actuelle ainsi que les mouvements d’habitants, pour trouver et favoriser ce chemin vers une gauche large ouverte au service des citoyens de Grenoble et du territoire.

Enfin nous ambitionnons d’être force de proposition dans ce cadre sur les différents points mentionnés (démocratie locale, éducation populaire, fiscalité juste, métropole)