Pouvoir d’agir à la Villeneuve

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Le collectif national en cours de construction « Pouvoir d’agir » est venu à la Villeneuve vendredi 20 juin : l’occasion de faire le tour des quartiers populaires qui bougent en France et de s’interroger sur la participation des habitants à la politique de la ville. Des interrogations demeurent tant sur le collectif que sur la nouvelle donne des contrats de ville.

pouvagir

Vous avez certainement tous entendu parler du rapport Mechmache-Baqué replaçant la participation des habitants dans la politique de la ville. Ce rapport a été reçu favorablement par les différents acteurs des quartiers car il propose : de développer le pouvoir d’agir des habitants, de mettre les citoyens au cœur des services publics, de créer des conseils citoyens, de faire évoluer l’image des quartiers et d’aller vers des co formations.
Sans reprendre la totalité des propositions de ce rapport, la nouvelle loi sur la politique de la ville replace bien l’habitant au cœur des contrats de ville.
De son côté, le collectif « pouvoir d’agir » en cours de constitution au niveau national se positionne en aiguillon et se veut structure représentative des quartiers populaires pour revendiquer plus « de pouvoir d’agir’.
La rencontre de vendredi 20 juin à la Villeneuve a révélé certaines questions tant sur les conseils citoyens que sur le collectif.

La constitution d’un collectif en soi est très intéressante. Les habitants doivent se structurer et être des interlocuteurs reconnus. Le collectif parle de « syndicat des quartiers ». Mais certains utilisent des mots comme interpellation, quand d’autres propose le mot « co construction » : l’approche n’est pas la même. Il faudra clarifier la relation aux institutions nationales et locales et notamment la capacité de travailler avec des élus locaux comme à Grenoble. Car le rejet des partis classiques et du politique a priori est aujourd’hui un frein aux approches ouvertes, cela ne vas pas être facile.
Sur les conseils citoyens : la loi indique que les conseils doivent intégrer l’élaboration des contrats de ville. Cela pose la question du passage des quartiers à l’agglomération. En effet, les habitants s’organisent à l’échelle du quartier, mais la gouvernance du contrat de ville se fait à l’échelle de l’agglomération. Comment na pas perdre la dynamique habitante lors du passage de l’un à l’autre ? Il serait, en effet, dommage d’enfermer encore les quartiers sur-eux-mêmes : ils doivent s’ouvrir les uns aux autres, les habitants sont habitants de la ville et de l’agglomération, leur vécu repose sur deux pieds, le quartier et l’agglomération. Prenons le temps d’avancer sur cette articulation.
L’autre question est celle de la gouvernance complexe – pour ne pas dire technocratique – des contrats de ville qui brassent des millions et qui sont structurés avec un comité de pilotage comprenant l’Etat, le Conseil général, l’agglomération et les communes. Comment, là aussi, laisser la place aux habitants, faire qu’ils trouvent leur place ? Il va falloir revisiter l’organisation trop complexe. Il est nécessaire que l’Etat laisse de la place aux habitants ; et là, le rôle des élus locaux pourra être important pour ouvrir cette gouvernance.

Bref, d’énormes chantiers en cours, et il faut demeurer lucide et vigilant.

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