Grenoble : une ville de contrastes, marquée par une hausse des inégalités sociales, économiques et scolaires.

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Les conclusions 2013 de l’analyse des besoins sociaux du CCAS

 


Grenoble : une ville de contrastes, marquée par une hausse des inégalités sociales, économiques et scolaires.
Chaque année, le CCAS publie une analyse des besoins sociaux (ABS), une sorte de radioscopie de la population grenobloise. Elle se veut une démarche d’observation et de veille sociale (conformément à l’art R123 du code de l’action sociale), et alterne une analyse généraliste et une analyse spécifique.
Précisions et limites : les données sont celles du recensement INSEE millésimées 2010 et malheureusement pour Grenoble, elles ne permettent pas d’isoler la population étudiante.Voici les principales conclusions de l’ABS 2013, transmise le 9 Octobre 2014 (extraits) :1. Le vieillissement démographique. Si Grenoble se caractérise par une population jeune et diplômée, les personnes âgées sont nombreuses et le seront davantage d’ici quelques années. Le grand âge va prendre une place particulièrement importante. Cette évolution démographique soulève les enjeux du soutien aux activités des séniors, du maintien à domicile et de la prise en charge de la dépendance, de l’aide aux personnes âgées aux faibles revenus et plus généralement de l’adaptation de la ville à ce vieillissement.
Et fait nouveau, les départs sont plus nombreux que les arrivées. Sans les naissances, Grenoble perdrait en habitants. (En 2010 : 155 400 habitants) L’attractivité des jeunes, qui y restent pour fonder une famille, est ainsi essentielle au maintien démographique de la ville.Par contre Grenoble continue de jouer le rôle d’une ville d’accueil, comme la présence de différentes communautés étrangères en témoigne.

2. La transformation générale des modèles familiaux
Elle s’observe à Grenoble avec les mises en couple tardives, la hausse du célibat et des séparations ou la réduction de la taille des familles. Tout cela a des conséquences sur la demande de logements ou de services comme l’offre de garde. On voit également que Grenoble compte beaucoup de jeunes enfants, mais s’ils naissent dans la ville-centre, ils poursuivent bien souvent leur adolescence ailleurs dans l’agglomération. Créer les conditions d’un maintien des familles en ville est ainsi essentiel.
Enfin, on observe de nombreuses fragilités touchant les familles : une pauvreté infantile importante (souvent liée aux difficultés d’emploi des parents), une hausse des demandes d’hébergement et de logement de la part de familles, des ruptures familiales projetant les jeunes dans le secteur de l’hébergement d’urgence… Au-delà des problématiques individuelles, c’est bien la question des familles et de leurs vulnérabilités qui traverse l’ABS.3. Un parc de logement social important et un parc privé dégradé.

Grenoble a la particularité de réunir un parc de logements chers, qui a une fonction sociale d’accueil de populations modestes. Mais ici comme ailleurs, les signaux de difficultés sur le front du logement se multiplient. Le budget alloué au logement par les ménages augmente, la précarité énergétique se développe tout comme le recours à l’hébergement chez des tiers ou aux campements de fortune, faute de mieux.
Les caractéristiques du parc de logements et ses évolutions expliquent plusieurs constats faits dans cette ABS, et rappellent en quoi le logement et l’habitat sont de réels leviers pour réduire les inégalités territoriales.

4. Les inégalités socio territoriales.

Des cadres et des ouvriers qui vivent rarement aux mêmes endroits, une hausse des revenus concentrée dans quelques quartiers, une crise économique de 2008 qui a fortement touché les Grenoblois les plus précaires, une jeunesse aux réalités et aux destinées très différentes… certaines tendances montrent des inégalités qui se creusent et qui s’inscrivent sur le territoire de Grenoble. Une évolution visible dans les statistiques mais dont les conséquences restent encore trop peu connues, notamment sur les rapports sociaux et le vivre ensemble.

Ainsi Grenoble est une ville faite de contrastes, en particulier du point de vue des revenus et de la pauvreté. Cette dernière est certes plus présente que dans d’autres communes de l’agglomération mais moins que dans la plupart des grandes villes françaises. Ainsi contrairement à une idée reçue, la pauvreté n’est pas massive à Grenoble. On n’assiste moins à une hausse de la pauvreté qu’à une hausse des inégalités. Ce qui caractérise cette ville, ce sont les inégalités socioéconomiques, la coexistence entre des habitants aux niveaux de revenus hétérogènes, parfois dans des mêmes quartiers comme en centre-ville.

Un autre contraste concerne les diplômes. L’élévation des niveaux de diplôme est un changement invisible mais profond de la physionomie de la ville, avec des disparités s’accentuant entre le nord et le sud.

L’atlas cartographique de l’ABS permet une compréhension de la dimension cumulative des inégalités sociales. Derrière les situations analysées séparément du mal-logement, du chômage, des faibles qualifications, de la pauvreté, ce sont bien souvent les mêmes quartiers et donc les mêmes personnes dont il est question. La santé le confirme et tient une place particulière. Les inégalités sociales observées dans ce domaine, visibles dès le plus jeune âge, sont l’effet d’un cumul de difficultés socioéconomiques. Ces constats invitent à une prise en charge globale des situations.

Autant d’évolutions et d’enjeux pour Grenoble dans les années à venir, dont certains, dépassent l’échelle communale et nourriront les réflexions en cours sur la future métropole.

L’ABS est disponible sur le site de la ville :
http://www.grenoble.fr/1420-l-observation-sociale-et-les-politiques-d-action-sociale.htm

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