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Lors du dernier conseil municipal de Grenoble le 10 Février 2020, une délibération portait sur les « principes fondamentaux des BP en France ». Ce fut l’occasion de revenir sur l’expérience grenobloise.

Ci dessous l’intervention de Paul Bron, au titre de GO Citoyenneté

« Depuis les dernières élections municipales de 2014, le nombre de budgets participatifs en France a considérablement augmenté. Le nombre de démarches de ce type est passé de 10, en 2014, à près de 130 aujourd’hui

57% des villes de plus de 100 000 habitants ont aujourd’hui un budget participatif”.

Signalons que si le budget participatif est né au Brésil, à Porto Alegre en 1989, il y a plus de 30 ans, rares sont les villes qui ont suivi l’exemple originel de Porto Alegre, où c’est la totalité du budget d’investissement qui est décidé via le budget participatif.

En France, notre système de démocratie représentative est à bout de souffle et reconnaissons que le développement des budgets participatifs est une des réponses à cette crise de la démocratie. Il n’est plus en effet tolérable que les citoyens d’une ville s’expriment seulement tous les 6 ans et qu’ils ne soient pas consultés sur les grands projets.

Il est nécessaire de réinventer de nouvelles formules de participation citoyenne et à ce sujet, ici et la, dans notre pays, de nombreuses initiatives émergent avec plus ou moins de succès mais avec beaucoup d’enthousiasme. Notons particulièrement l’exemple de la ville de Saillans ainsi que le mouvement appelé « le municipalisme » basé sur un esprit de démocratie directe. Signalons de même le « Référendum d’Initiative Citoyenne » revendiqué par les gilets jaunes, dont une expérimentation a été tentée à Grenoble sur le quartier de la Villeneuve, un RIC qui va jusqu’à la révocation d’un élu de son mandat.

Si cette délibération porte sur les principes fondamentaux des BP en France, elle nous donne l’occasion de faire un focus particulier sur le BP grenoblois en cette fin de mandat.

Je  reconnais que la ville de Grenoble a poussé plusieurs expérimentations dans le domaine de la démocratie locale depuis 2014 et que cela est vraiment à mettre à son crédit. Il est nécessaire de faire bouger les lignes, même au risque parfois, de se faire retoquer par la Préfecture.

Le budget participatif, avec, à mon avis, la pétition citoyenne à 2000 signatures qui permet de questionner le conseil municipal,… sont des processus qui contribuent réellement à donner du pouvoir d’agir aux habitants… même s’il y a encore a améliorer ces processus.

Cela dit entre nous, je crois aussi que l’on surjoue un peu à Grenoble, la réussite des budgets participatifs, face à l’échec des conseils citoyens indépendants.

Mais aujourd’hui saluons la mise en place de ce budget participatif, doté d’un budget de 800 000€ et ouvert à tous les habitants de Grenoble, à partir de 16 ans. Plusieurs  exemples prouvent qu’il a déjà transformé la vie de la cité et l’espace communal

Saluons sa mise en place depuis 6 ans, et cherchons à l’améliorer pour le futur.

  • 1ere remarque sur la question de la participation des habitants. Avec près de 6 500 votants en 2019, on peut dire que la participation progresse.  Mais après 6 ans de fonctionnement ce n’est plus suffisant pour une ville de 160 000 habitants. Il faut trouver des moyens de mobiliser plus encore, certainement par des campagnes de proximité.

Le risque est de voir toujours le même genre de personnes participer… A savoir les classes moyennes et supérieures. De façon quantitative, c’est cette catégorie, souvent très uniforme, qui est la plus investie et qui formule le plus de projets. On a le même phénomène dans les autres formes de participation et ce n’est pas propre à Grenoble. Il est un fait que les quartiers les plus populaires proposent moins de projets et se déplacent peu pour voter. Il y a donc là un vrai challenge à relever.

  • Doit-on se contenter que les budgets participatifs ne soient que des boîtes à idées » sur laquelle on va voter pour des projets? Ne faut-il pas au préalable, recenser des besoins ou ce qui est prioritaire ? par exemple : la vie culturelle, la rénovation urbaine ou la sécurité, comme cela se fait dans la commune de Couhé près de Poitiers.

La métropole grenobloise prépare elle aussi un budget participatif ciblé sur la transition énergétique et l’environnement. Après les élections, il sera nécessaire d’ailleurs que la nouvelle majorité ajuste, actualise le budget participatif grenoblois avec le projet de budget métropolitain.

  • Une dernière précaution : il existe parfois des filtres qui ne portent pas leur nom. Il ne faudrait pas que les BP, derrière un processus qui paraît très ouvert, ne soient pas des cas typiques « d’écoute sélective », c’est-à-dire qu’ils ne tombent pas dans la caricature de ne sélectionner que les projets qui plaisent à la municipalité. Que ce soit au niveau politique ou technico-administratif.

Bref le budget participatif a probablement encore des preuves à faire, c’est tout à fait normal, mais concluons que les principes fondamentaux décrits dans la délibération, sont des lignes de conduites éthiques et vertueuses nécessaires, et qu’il faut, tout simplement, les prendre comme telles. »

2 réponses

  1. Go Citoyenneté dit :

    Effectivement, je ne mentionnais que la pétition à 2000 signatures donnant accès au CM. Mais je n’ai pas parlé du processus suivant, la votation citoyenne, qui a été dévoyée.
    D’une part, parce que le seuil à 20 000 votes était inatteignable. D’autre part, par l’exemple de l’arrêt du processus automatique après le refus du Maire, concernant la fermeture des bibliothèques.
    PB

  2. Selva Solange dit :

    « Le budget participatif, avec, à mon avis, la pétition citoyenne à 2000 signatures qui permet de questionner le conseil municipal,… sont des processus qui contribuent réellement à donner du pouvoir d’agir aux habitants…  »

    En quoi la pétition contre la fermeture de bibliothèques en quartiers populaires a-t-elle contribué à donner du pouvoir d’agir aux habitants de nos quartiers? La fin « méprisante » de non recevoir opposée par la municipalité n’a-t-elle pas au contraire accrédité l’idée que cela ne sert à rien ( sinon à peaufiner l’image nationale de Piolle )?

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